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D é p l a c e m e n t s  


Types de déplacements

Le déplacement rotatoire peut être classé comme suit :

- type I : déplacement rotatoire simple sans glissement antérieur de CI ;
- type II : déplacement rotatoire avec glissement antérieur inférieur ou égal à 5 mm (le      déplacement antérieur supérieur à 3 mm chez l'enfant âgé et l'adulte et supérieur à 4 mm chez le jeune enfant est considéré comme pathologique) ;
- type III : déplacement rotatoire avec glissement antérieur supérieur à 5 mm ;
- type IV : déplacement rotatoire avec glissement postérieur.

Le type I est de très loin le plus fréquemment rencontré en pathologie pédiatrique. C'est une lésion très bénigne qui ne nécessite qu'une surveillance.

La déformation de type II, moins fréquente, est potentiellement plus dangereuse et doit être traitée de manière très précise.

Les déformations de types III et IV sont rares, mais à cause du risque neurologique et de la possibilité de mort subite, elles doivent être traitées avec d'extrêmes précautions.

État clinique

Le déplacement rotatoire atlas-axis est essentiellement une lésion de l'enfant, bien qu'il puisse survenir de temps en temps chez l'adulte. Le début est en général brusque, spontané, faisant suite à une infection de l'appareil respiratoire, à un traumatisme mineur ou très rarement à un traumatisme important.

Il est exceptionnel que des troubles neurologiques soient présents, traduisant alors une atteinte grave du complexe atloïdo-axoïdien et des structures nerveuses.

Traitement

Si les symptômes sont mineurs, nous proposons un simple collier cervical souple et des antalgiques. Une minerve de traction, des myorelaxants, des antalgiques peuvent être nécessaires pendant quelques jours dans les cas plus avancés. S'il n'y a pas de déplacement antérieur évident, les soins doivent être simplement continués jusqu'à disparition des symptômes cliniques. Si l'atlas est déplacé vers l'avant, la traction en minerve avec réduction et immobilisation en position corrigée doit être poursuivie six semaines pour permettre la cicatrisation ligamentaire. Une surveillance soigneuse est nécessaire en raison du risque permanent d'instabilité atlas-axis. Il est très rare que ces déformations soient irréductibles. La stabilité atlas-axis est compromise, surtout lorsqu'il existe un déplacement antérieur de CI, et un traumatisme secondaire peut être catastrophique. D'après notre expérience de 17 cas, nous pensons que la fusion CI C2 doit être réalisée pour obtenir une stabilité et maintenir la correction dans les circonstances suivantes :

- atteinte neurologique
- déplacement antérieur de C1
- échec pour obtenir et maintenir la correction dans les déformations de plus de 3 mois ;
- récidive de la déformation survenant après un traitement conservateur correct ayant comporté au moins 6 semaines d'immobilisation.

Fractures de l'odontoide

Les fractures de l'apophyse odontoïde chez l'enfant sont en réalité des glissements épiphysaires et devraient être appelées des décollements cartilagineux. La ligne de cartilage à la base de l'odontoïde a l'aspect histologique d'une synchondrose plus que d'une épiphyse et fusionne beaucoup plus tôt qu'une épiphyse normale.

Ces traumatismes sont fréquemment associés à un traumatisme crânien, avec une transmission des forces vers le rachis cervical supérieur. L'absence de complications et les résultats en général bons chez les jeunes enfants contrastent avec les complications telles que les pseudarthroses et séquelles neurologiques tardives fréquentes chez les adultes.

Nous proposons la réduction de ces lésions par le repos au lit en hyperextension, comme l'a conseillé Sherk, suivie d'une minerve pour une durée moyenne de douze semaines en fonction des conditions cliniques. Après ablation de la minerve, nous recommandons la réalisation de radiographies en position forcée. S'il n'y a pas de déplacement, un collier mou peut être porté pour une ou deux semaines. Si la réduction ne peut pas être obtenue par le repos au lit et l'hyperextension, une traction crânienne par collier est proposée.

La traction par étrier crânien et les manipulations sous anesthésie générale doivent être réservées aux cas totalement irréductibles par un traitement conservateur.

Chirurgie

La chirurgie sur le rachis de l'enfant diffère quelque peu de celle de l'adulte, mais les délais de fusion moyens sont plus raccourcis. En général, la fusion rachidienne chez l'enfant est facile et, par conséquent, il est prudent de n'exposer que la seule zone vertébrale qui doit être concernée par l'arthrodèse.

Une dissection extensive au-dessus et au-dessous de cette région aboutit fréquemment à une fusion progressive indésirable englobant les lames voisines sus-et sous-jacentes.

L'arthrodèse atloïdo-axoïdienne est réalisée de la même manière que chez l'adulte, mais en prenant soin d'éviter l'exposition de la base du crâne et de l'occiput ou de C3 en raison du risque d'extension de la fusion à ces étages.

 

15.02.2008 ®  AtlasPROseyer  Collombey | Switzerland